Histoire de la création du LICA, histoire de transitions de vie

Prologue – La rencontre – Dahl, Vin, Chips

Tout commence avec Charles, Nicolas et Jérôme qui se croisent à des événements marseillais autour du machine learning, de la blockchain et du numérique. Et puis tout s’accélère lorsque Claire rentre dans la ronde et un rendez-vous est organisé avec les 3 couples : Claire & Jérôme, Audrey & Nicolas, Cécile & Charles. 

Nous sommes le lundi 20 mars au soir, il est 20 heures. C’est la veille du printemps 2017, c’est la rencontre de 6 personnalités. Rendez-vous chez Jérôme. 

Claire et Jérôme nous accueillent avec Charles dans la cuisine : souriants et rayonnants ils préparent un dahl. Audrey nous suit de près. Magnifique, avec sa chapka on la croirait tout droit sortie d’un roman de Dostoïevski. Nicolas ne peut se joindre à nous, retenu par la rédaction d’une proposition de services.

Nous nous asseyons en cercle dans le salon autour de vins et de chips. Chacun très curieux de rencontrer l’autre et ne sachant pas trop quoi attendre de cette soirée. Nous ne nous connaissons pas. Alors, nous décidons que chacun prenne la parole pour raconter sa vie, ses passions, ses frustrations et ses envies pour l’avenir. 

C’est Audrey qui démarre. Elle vient d’arrêter sa boîte Arcandy, l’architecture l’a épuisée. Elle souhaite explorer l’économie du don et de nouvelles modalités d’échanges et de contributions. Passionnée par le numérique, le design, curieuse, enjouée, Audrey nous raconte comment à travers la maladie et le deuil, elle a fait le choix de la joie et a développé une résilience hors du commun.

15 ans dans les institutions publiques, je déploie mon énergie sur des projets de protection de la ressource en eau et de changement climatique.  La structure hiérarchique m’étouffe et je me sens en perte de vitesse et créativité. Je suis passionnée par toutes les formes de gouvernance. Mes envies : développer la coopération, mettre en mouvement des collectifs et valoriser les femmes.

Charles poursuit. Docteur en sciences de la Terre et de l’univers, il a exploré le monde de la recherche et le trouve en décalage avec les réalités du terrain. Il met à profit une période de chômage pour créer une structure et faire un master en relations internationales. Stratège, créatif, touche à tout, il souhaite que tout citoyen puisse se saisir des enjeux de l’intelligence artificielle et du numérique pour le mettre à profit de notre société.

Master de  journalisme, cheffe de projet dans l’événementiel, voyages en Afrique et Amérique du Sud, Claire développe des projets de la coopération européenne et enseigne le yoga. Elle fait le constat que le monde de la culture est très éloigné du numérique, alors qu’elle y voit de fortes potentialités.  Elle croit au pouvoir de l’intelligence collective comme vecteur de transition des sociétés. C’est une aventurière tout terrain.

Jérôme boucle la ronde. Ingénieur, plongé dans le monde des nouvelles technologies il vit l’aventure incroyable des starts-ups. Il se forme à l’anticipation politique et après plus de 15 ans, il se pose la question du sens de son action et du numérique. Il croit en un nouveau modèle économique et financier plus décentralisé. Il voit dans la technologie de la Blockchain un outil pour imaginer de nouvelles formes de contribution, rétribution et valorisation de nos actions et compétences. Ils ont d’ailleurs déjà imaginé un projet de plateforme avec Claire qu’ils nous présentent.

La soirée arrive à son terme. Nous nous rejoignons sur une envie individuelle et collective d’amorcer notre transition et d’accompagner celle de notre société et des mondes dans lesquels nous avons vécus : institutions privées, publiques et de la recherche, mondes de la culture, du social, de l’environnement, du numérique et de l’architecture.

A part Claire et Audrey, les concepts d’intelligence collective étaient inconnus des autres et pourtant ce soir là tous les éléments étaient réunis : une disposition en cercle, un temps de parole équivalent donné à chacun, personne ne se coupant la parole, une écoute active sans jugement couplée d’une curiosité infinie, une connexion à nos émotions et vulnérabilités, une envie de se connecter et de créer, une diversité des profils et la convivialité autour d’un repas et de bons vins.  Les sourires et rires sont présents toute la soirée. Nous ressortons de cette rencontre avec la sensation d’un coup de foudre et une envie folle d’être ensemble, de faire ensemble. 

Charles et Nicolas échangent dans la foulée et trouvent le nom du LICA : Laboratoire d’Intelligence Collective et Artificielle. Un laboratoire car nous avons envie de tester avec tous type d’institutions : de nouvelles postures, de nouvelles façons de travailler et de faire ensemble. De l’Intelligence Collective et Artificielle car nous croyons que les outils numériques couplés au déploiement de l’intelligence collective et de la coopération peuvent nous aider à relever les défis sociétaux auxquels nous faisons face : changement climatique, effondrement de la biodiversité, nouveaux modèles économiques et financiers à créer, protection et déploiement des libertés individuelles : voici ce qui nous anime.

Nicolas viendra le week-end d’après chez Charles et moi. Data scientist avec un doctorat de neurosciences, il a vécu le monde universitaire et ce fut un parcours solitaire et difficile. Il quitte ce monde pour faire le choix de créer sa société. Ses moteurs sont puissants : éthique, mettre le numérique et l’intelligence artificielle pour des projets à impact et protéger les données personnelles.

Avec le printemps 2017 a éclos un nouvel organisme vivant : le LICA qui grandit et se transforme au gré des saisons.

Pour suivre nos aventures abonnez-vous à la newsletter .Auteur : Cécile Monière LICA